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사과는 잘해요

Title/Author/Genre

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    Title: Au moins on sait bien s’excuser

    Author: Lee Kiho

    Genre: Littérature / Roman

     

    LTI Korea staff: Minkyung HA (minkyung_ha@klti.or.kr / +82-2-6919-7746)

Description

  • About the book

    Sais-tu quelles sont tes fautes?

     

    Il n'est pas nécessaire de citer Sigmund Freud pour comprendre que la culpabilité est un sentiment fondamental permettant aux individus de vivre à l'intérieur d’une société civilisée. Sans la notion de culpabilité, les êtres humains seraient certainement capables de commettre des délits sans en accepter les sanctions. Dans la perspective peu réjouissante de ce « monde sans ordre », la culpabilité devient le ticket d'entrée vers un monde civilisé. Mais cet ordre établi et cette civilisation sont-ils vraiment positifs et en valent-ils vraiment la peine ?

     

    Dans sa nouvelle « le temps des aveux », Lee Kiho avait déjà décrit toute l’horreur d’un monde qui exigeait que son personnage principal, un subalterne marginalisé ne se soumettant pas à l’ordre social, avoue ses fautes pour être accepté dans la société. L’auteur reprend le même thème dans son roman « Au moins on sait bien s’excuser » qu’il aborde toutefois sous un angle diffèrent.

     

    L’histoire a d’abord été mise en ligne sur un portail Web avant d'être modifié pour une adaptation en roman. Le récit débute par la survenue d’un incident dans un centre de protection sociale. L'établissement venant en aide à une population sans-abri dissimule derrière le mot « protection » un cadre propice à la détention, à la violence et aux travaux forcés. Dans ce lieu, les bourreaux ne cessent de demander à leurs victimes : « Sais-tu ce que tu as fait de mal ? » ou « As-tu conscience de tes fautes ? », les poussant dans une situation singulière où elles finissent par se persuader de leur culpabilité. Le processus de formation de la culpabilité à travers les aveux est parfaitement résumé dans cette phrase extraite du roman : « Depuis le premier jour où nous sommes entrés dans l'institution, nous nous sommes toujours rendus de plus en plus coupables. Nous ne savions pas ce qui nous était reproché, alors nous avons tout simplement tout avoué ». On comprend bien ici comment les deux héros, le narrateur et Sibong, ont fini par se résigner à accepter d’être coupable.

     

    Bien sûr, le centre de protection sociale qui retenait les personnages principaux peut difficilement être perçu comme une société humaine typique. L’histoire du roman se concentre sur la vie de ces deux hommes qui, tout juste sortis de l’établissement, vont être amenés à subir de nouveaux changements au contact de personnes ordinaires. Dans leur quête d’un emploi, le narrateur et Sibong vont en arriver à la conclusion que ce qu’ils peuvent encore faire de mieux est d’avouer leurs fautes et de demander pardon. Même victimes de violence gratuite, ils vont se déclarer fautifs et implorer le pardon. Dès lors, ils vont avoir l'idée de distribuer dans la rue des prospectus avec l’inscription : « Si vous avez quelque chose à vous faire pardonner auprès de votre partenaire, de vos parents, de vos frères et sœurs, de vos proches, de vos amis, de vos voisins ou de vos collègues de travail… Nous nous excusons à votre place ! »

     

    S'excuser à la place d’une autre personne peut sembler être démarche totalement absurde à première vue, mais les choses sont plus compliquées qu’elles n’y paraissent. Car les individus menant une vie ordinaire se rendent continuellement fautifs envers leurs semblables, même sans en avoir eu l’intention, ni la volonté. Ils refusent simplement de l’admettre. Mais pour les deux personnages principaux qui s’excusent systématiquement et mécaniquement, leurs fautes sont évidentes. Qu'est-ce qu’une faute ? À la fin du roman, le directeur du centre explique que « les fautes doivent être ignorées pour se faire oublier. » La plupart des gens vivent de cette manière, mais cela ne signifie pas qu’ils peuvent se débarrasser ainsi de leur culpabilité. Mais alors, que faire ? Bien que le ton du roman soit plutôt léger, les questions que pose l’auteur demeurent assez graves.

    About the author

    Le romancier Lee Kiho est né en 1972. En 1999 il publie sa première nouvelle « Bunie », dans le magazine « Hyundaemunhak ». Il reçoit le prix littéraire Lee Hyo-seok en 2010, le prix littéraire Kim Seung-ok en 2013 et le prix littéraire Hankook Ilbo en 2014. Il enseigne actuellement l'écriture créative à l'Université Kwangju. Il a également écrit les recueils de nouvelles « Choi Sunduk, remplie du Saint-Esprit », « Je savais que cela viendrait », « Qui est donc Dr. Kim? », ainsi que les romans « Au moins on sait bien s’excuser », et « Histoires des seconds fils de famille ». Ce dernier ouvrage est le second volet de sa trilogie sur la culpabilité. Le roman se déroule dans les années 80, mettant en scène un individu poursuivi par un régime militaire, qui va se battre pour prouver son innocence. Alors que le premier volet de sa trilogie traitait de la conscience de la culpabilité, le second aborde les problèmes ainsi que la relation de culpabilité et de châtiment qui s’installe entre le citoyen et l'État.

    Media Response/Awards Received

    Avec son premier roman « Au moins on sait bien s’excuser », Lee Kiho maitrise brillamment l’art de jouer avec les mots tout en rompant avec les traditions narratives faisant de lui un écrivain en avance sur son temps. Le livre met en scène deux personnages, Sibong, un homme maladroit et puéril, et le narrateur, qui vont décider de gagner de l’argent en proposant « un service d'excuse par intérim » aux personnes s’étant rendus coupables d’une faute. Bien que l’histoire puisse paraître absurde, ce qui est assez caractéristique dans les romans de Lee Kiho, l’auteur s’emploie à nous décrire de manière sobre la violence qui sévit dans les institutions, et pénètre la psychologie des êtres humains dans leur rapport à la culpabilité.

    - Kyeonghyang (journal quotidien) -

     

    Vous voulez rire ? vous voulez pleurer ? Alors vous devez absolument lire Lee Kiho. Il a établi une nouvelle tendance dans la littérature coréenne, en revisitant le « macro-discours » des années 80 et le « micro-discours » des années 90. Il mélange la tradition et la modernité en intégrant avec talent au « pathos » un peu de « satire » et de « drôlerie », et dirige son regard sur les zones sombres de notre société. Il est un indicateur réceptif dans le monde littéraire coréen des années 2000.

       - Park Bom-shin (écrivain) -

     

    Les battements de cœur sont perceptibles dans le roman de Lee Kiho. Débarrassé du poids des mots, le récit s’appuie sur une structure solide permettant un enchaînement rapide. La force du roman plaque notre cœur sur un chemin de fer où passerait avec fracas une locomotive. Ses phrases déchirent incessamment les ténèbres telles des sifflets d’alarme et des faisceaux lumineux. Ses écrits deviennent des baguettes de tambours frappant le monde à son cœur. Même la lune y prête une oreille attentive. Après le passage de la locomotive, un interminable sentiment de tristesse s’empare de notre être. Je le remercie pour son roman. 

    - Ham Min-bok (poète) -            

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